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L'Europe danse

Europa w tańcu

La première du film 3D de Tomasz Bagiński promouvant la présidence polonaise du Conseil de l'UE a eu lieu à Varsovie. La danse est le fil conducteur de l’oeuvre.
 
Le film créé par Tomasz Bagiński et la société Platige Image se base sur une métaphore de la valse et du changement auxquelles la Pologne invite l'Europe. La chorégraphie a été préparée par Augustin Egurolla et l'auteur de la musique est Adam Skorupa. Les travaux de réalisation du film ont duré 9 mois.
 
Le film est destiné à être diffusé à la télévision, sur internet, dans les salles de cinéma et dans l'espace urbain ainsi que pendant les événements officiels de la présidence du Conseil de l'UE (notamment pendant la cérémonie de l'inauguration). On pourra aussi voir le film au Point d'information de la présidence au siège du Centre de l'information européenne à Varsovie, ainsi que pendant les spectacles multimédiaux spéciaux au Parc des Fontaines dans le quartier de Podzamcze à Varsovie.

A propos du film:

Nous savions que la « Présidence » serait un défi passionnant et difficile, et avant tout en raison des attentes qu’elle suscite. Un tel projet, qui touche à quelque chose d’aussi insaisissable que la promotion d’un pays tout entier, c’est un projet que chacun imagine à sa manière et sur lequel chacun a son avis. Il doit réussir à accorder des visions et des goûts différents, tendre dans la mesure du possible à l’universel, être bien sûr une sorte de compromis, mais en même temps, ce compromis ne peut pas être poussé si loin qu’il en devienne ennuyeux. Cela s’apparente à un jeu d’équilibriste, mais c’est justement ce qui rend un projet de ce type intéressant.

Le personnage principal de la présidence, c’est la Pologne. L’Union européenne, c’est une grande idée, c’est l’avenir de l’Europe, mais pour nous, ici, maintenant, le héros c’est la Pologne et c’est ce qu’on retrouve dans notre film. C’est un Polonais qui y est le déclencheur des événements, celui qui transforme la réalité. Puisque nous nous trouvons dans le domaine du symbole, de l’allégorie, des associations d’idées poétiques, la danse était un moyen naturel de rendre ces transformations et aussi l’idée même de présidence.

L’Europe, dans notre film, est une femme, belle mais froide, enfermée dans un espace architectonique glacé, immobile. Elle ne manque apparemment de rien; son espace est conçu de manière solide, mais quelque peu prosaïque. L’Europe, dans les premières images du film, semble très belle, mais elle manque de vie. Dans l’interstice entre les bâtiments, apparaît la silhouette d’un homme qui, dans notre film, symbolise la Pologne. Ce nouveau personnage entraîne l’Europe dans une danse qui la ranime, lui redonne vie ainsi qu’à tout ce qui l’entoure. À la fin du film, bien qu’apparement nous revenions au même endroit, un sourire s’ébauche sur le visage de notre héroïne, l’Europe, la lumière qui baigne l’espace se fait beaucoup plus chaude et positive, et dans l’espace entre les bâtiments apparaît une nouvelle construction qui représente implicitement la Pologne.

Les références symboliques sont simples, mais c’est ce que nous voulions en travaillant sur la conception du film. Celui-ci devait tendre à l’universel et être beau, au sens classique. Nous avons beaucoup travaillé sur l’apparence des deux personnages et la recherche pour eux d’une stylisation appropriée. Il fallait des personnages suffisamment réalistes pour que la danse et leurs émotions mutuelles soient crédibles, mais aussi des personnages assez stylisés pour ne pas tomber dans le piège de l’animation numérique et obtenir au final des personnages qui auraient certes l’air bien réels, mais seraient dépourvus de vie avec une démarche rigide de zombies. Les personnages devaient apparaître au premier coup d’œil comme des créations graphiques animées, avec leurs proportions quelque peu exagérées.

La conception pour notre héros d’un costume faisant clairement référence à la Pologne n’a pas été sans nous causer quelques difficultés. Tous les symboles forts les plus évidents à première vue renvoyaient plutôt aux supporters de foot qu’à la danse et la poésie. Nous voulions en même temps un costume masculin plutôt classique, c’est-à-dire un pantalon et une chemise, quelque chose d’à la fois sobre et élégant. Nous avons passé pas mal de temps à essayer d’accorder ces différentes exigences. Nous avons essayé divers dessins d’aigle blanc, diverses combinaisons de blanc et de rouge... malheureusement, c’était toujours du plus mauvais effet. Nous avons enfin résolu ce problème avec une arabesque très stylisée qui se détache sur la chemise.

Inviter Adam Skorupa à écrire la musique du film était une idée formidable. Adam est plutôt connu pour ses morceaux symphoniques puissants, aux rythmes lourds, mais il s’est avéré le candidat idéal pour composer cette musique. On trouve aussi bien des airs de piano très polonais, sur un rythme de valse viennoise, qu’un final musical fort et très cinématographique. La musique a beaucoup apporté au film. Elle a aussi été à la source de l’inspiration d’Agustina Egurroli pour sa création de la remarquable chorégraphie du film, librement basée sur les pas des valses viennoises.

C’était un des projets les plus intéressants que nous ayons eu à réaliser cette année dans notre studio Platige Image. Je crois qu’il plaira au public, même si, avec ce genre de thème, il y a toujours des opinions très diverses et que chacun en Pologne a sa propre idée de ce que devrait être le résultat final. Je remets ce film entre les mains du public, à lui de jouer maintenant!

Publié le: 27-06-2011
PROD